Top articles
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Noël
Ouf ! L'impossibilité d'aimer sans avoir envie d'être aimé soi-même retire toute grâce à ce sentiment.(Georges Perros, Papiers collés) Que si le moi est haïssable, aimer son prochain comme soi-même devient une atroce ironie. (Paul Valéry, Tel quel)
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Miel carotte
On bè rossè n'est nin laid. Et maintenant je la regrettecette enfant au front sérieux,qui pour être un peu plus secrètemettait son bras nu sur ses yeux. (Paul Géraldy, Toi et Moi)
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Des quatre fers
Quatre chevaux, sans leurs dragons, se sontemballés quai de Javel. Ils ont traversé un fiacreet son cocher Fouché. (Félix Fénéon, Nouvelles en trois lignes)
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Mico
Les mots ont-ils trop chaud ? On conquiert le monde, on le domine, on l'utilise ; ainsi tranquille et fier, un beau poisson rouge tourne dans ce bocal. On conquiert le mot, il vous domine, on s'utilise ; ainsi tranquille et fier... (Paul Nougé, Correspondance...
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Us glacés
Un histoire de grignotement turquoise Demain n'est pas mon verset Demain n'est pas mon domaine Je n'y puis avoir accès Même au bout de ma semaine L'avenir qu'est-ce que c'est Je l'ignore et tu le sais (Louis Aragon, Le Fou d'Elsa)
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Peut-être
le plus grand poète de la maison. Je m'en vais faire une très longue promenade dans un château de mon domaine inhabité j'irai dans mon souci du grenier à la cave voir si mon désespoir porte un grain de beauté (Achille Chavée, Adjugé)
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Inflexible !
L'apprentissage du romantisme au fond d'un Berlin. Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières, Vains objets dont pour moi le charme est envolé ? Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères, Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ! (Alphonse...
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Séries
Piles croissantes Une espèce de déperdition constante du niveau normal de la réalité. (Antonin Artaud, Le Pèse-nerfs)
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Pattes de mouches
Noir moulin, inutile et provocant. Mais parmi tous les symptômes des amoureux il ne faut pas négliger celui-ci : aussitôt épris, et quelle que soit leur condition, les voilà qui deviennent rimailleurs, faiseurs de ballades et poètes. (Robert Burton, Anatomie...
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Fable en abyme
Ne pas rompre le pas au passage. Par le mot par commence donc ce texteDont la première ligne dit la vérité,Mais ce tain sous l'une et l'autrePeut-il être toléré ?Cher lecteur déjà tu jugesLà de nos difficultés... (APRÈS sept ans de malheurs Elle brisa...
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Collectif
Un poète, quel surprise ! Je marche, je marche : Les mots que je porte Sur la langue sont Une étrange annonce. (Mohammed Dib, Ombre gardienne)
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At home
Bien... Un matin comme les autres,l'avoine coupée d'hier,le verger jonché de prunes. Le ruisseau ne cesse guèrede s'en aller sous la brume. Un nuage à l'horizon,l'agneau que sa mère oublie,le pic-épeiche et son cri. La grande herbe se balancedepuis les...
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Soir
Le point final, celui qui m'a été imposé, qui peu à peu est devenu le mien, je le pose dans le silence, pieds nus.
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Crampe
Méfiez-vous des fleurs. Une bête vint le chercher.Il eut moins peur que de rester. Ils eurent la porte à passer.La porte en plus de la nuit. Le garçon ferma les yeux.Les mots ne parlèrent plus. Quelque chose sur la routeLes prit alors en pitié (Mohammed...
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Youpi
Décasyllabes burlesques et royaux. De gauche à droite ou de cour à jardin égrener le chapelet du vocabulaire et malaxer chacun de ses grains pour qu'il devienne fruit mûr sinon germe d'étoile. (Michel Leiris, Ondes)
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Fixes
Retour au bleu noir Gros plan sur ce visage l'image est étonnée : l'homme a un oeil cousu difficile de savoir s'il me voit l'observer ou si ces yeux éteints hors d'atteinte des regards et peut-être des âges ont épousé une nuit que personne ne partage...
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Bref portrait en bleu
Le bleu peut-il être fuligineux ? Une histoire de bleu, MaulpoixLe Fanal bleu, ColetteLe Lotus bleu, HergéLes Contes bleus du chat perché, Marcel AyméLe Bleu du ciel, BatailleLe Train bleu, Agatha ChristieLa Barbe-bleue, PerraultL'Homme aux cercles bleus,...
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Voeux
Ni peur ni colère et si peu de curiosité. Beaucoup d'entre nous sont dans la situation d'un homme qui ne pourrait plus écrire à ses amis. Non parce qu'il n'aurait plus rien à leur dire mais parce que son langage serait périmé. (Georges Perros, Papiers...
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Ligne de vie
Paumes muettes Deux mains qui ont perdu la trace d'un visages'avancent flairant l'ombre à la recherched'une forme jadis humaine. Mais le masqueest rempli par l'abîme.Les mains épouvantées se retirentet remportent les fleurs. (Jean Tardieu, Jours pétr...
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100
Petite feuille séchée, j'ai aimé ton sourire et le rose de tes joues.
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fragile
Le plus à pétrir. la peau des chosesest dans nos yeuxvoir écorche la vieille languereste sous l'onglela jeune noircit la paupière ma bouche est pavéed'avant-moitrente-deux dents deux mâchoiresune gorgeet l'addition nous sommes en plusde la formecomme...
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Las...
Et la nuit. tout le jour j'ai lutté. Frappé les mots, froissé les mots dans leurs jointures. Qu'ils résistent, qu'ils cèdent, je reste seul. Je recule jusqu'au silence. tout le jour, sans jamais savoir. Sans voir plus loin. (Claude Esteban, Le nom et...
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Un rêve
Des graines de palmier dans mon muesli. J'étais sorti de mon corps endormi,J'étais debout sous l'arbre à songesPrès de la citerne à souvenirs.Le gardien me rappela que la pêche estInterdite en cette saison et qu'il faut laisserMûrir les songes. (Jean-Paul...
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Gueule de bois
Trop de petits drapeaux. Invisibles regards qu'on sait qui nous verront,Fumée où se dérobe une présence abstraite,Les flambeaux ont noirci. Quel mystère s'apprête,Qui met une sueur d'épouvante à mon front ? (Paul-Jean Toulet, Les Contrerimes)
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Souvenir élastique
Un mercredi soir... Baiser au front — c'est effacer l'ennui.Je baise au front. Baiser les yeux — c'est tuer l'insomnie.Je baise les yeux. Baiser les lèvres — c'est donner à boire.Je baise les lèvres. Baiser au front — c'est effacer la mémoire.Je baise...