Méthode Coué
Un don quotidien : troublant. Une promesse.
Croire que « tout a été dit » et que « lon vient trop tard » est le fait dun esprit sans force, ou que le monde ne surprend plus assez. Peu de choses, au contraire, ont été dites comme il le fallait, car la secrète vérité du monde est fuyante, et lon peut ne jamais cesser de la poursuivre, lapprocher quelquefois, souvent de nouveau sen éloigner. Cest pourquoi, il ne peut y avoir de répit à nos questions, darrêt dans nos recherches, cest pourquoi nous ne devrions jamais connaître la mort intérieure, celle qui survient quand nous croyons, à tort, avoir épuisé toute possibilité de surprise. Si nous cédons à ce désabusement, bien proche du désespoir, cest que nous ne savons plus voir ni le monde en dehors de nous, ni celui que nous contenons, cest que nous sommes inférieurs à notre tâche ; et nous n'avons pas le droit d'en faire le reproche "à la Vie ", au "Destin " ou à rien, qu'à nous seuls.
Quiconque senfonce assez loin dans sa sensibilité particulière, quiconque est assez attentif à la singularité de son expérience propre, découvre des régions nouvelles ; et il comprend aussi combien il est difficile de décrire à dautres les pas effrayés ou enchantés quil y fait.
(Philippe Jaccottet, Tout n'est pas dit)
Croire que « tout a été dit » et que « lon vient trop tard » est le fait dun esprit sans force, ou que le monde ne surprend plus assez. Peu de choses, au contraire, ont été dites comme il le fallait, car la secrète vérité du monde est fuyante, et lon peut ne jamais cesser de la poursuivre, lapprocher quelquefois, souvent de nouveau sen éloigner. Cest pourquoi, il ne peut y avoir de répit à nos questions, darrêt dans nos recherches, cest pourquoi nous ne devrions jamais connaître la mort intérieure, celle qui survient quand nous croyons, à tort, avoir épuisé toute possibilité de surprise. Si nous cédons à ce désabusement, bien proche du désespoir, cest que nous ne savons plus voir ni le monde en dehors de nous, ni celui que nous contenons, cest que nous sommes inférieurs à notre tâche ; et nous n'avons pas le droit d'en faire le reproche "à la Vie ", au "Destin " ou à rien, qu'à nous seuls.
Quiconque senfonce assez loin dans sa sensibilité particulière, quiconque est assez attentif à la singularité de son expérience propre, découvre des régions nouvelles ; et il comprend aussi combien il est difficile de décrire à dautres les pas effrayés ou enchantés quil y fait.
(Philippe Jaccottet, Tout n'est pas dit)
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