Sauter la clôture

Publié le par Zolurne

Trouble et plaisir




Depuis vingt ans, Dutilleul commençait ses lettres par la formule suivante : « Me reportant à votre honorée du tantième courant et, pour mémoire, à notre échange de lettres antérieur, j'ai l'honneur de vous informer... » Formule à laquelle M. Lécuyer entendit substituer une autre d'un tour plus américain : « En réponse à votre lettre du tant, je vous informe... » Dutilleul ne put s'accou­tumer à ces façons épistolaires. Il revenait malgré lui à la manière traditionnelle, avec une obstination machi­nale qui lui valut l'inimitié grandissante du sous-chef. L'atmosphère du ministère de l'Enregistrement lui deve­nait presque pesante. Le matin, il se rendait à son travail avec appréhension, et le soir, dans son lit, il lui arrivait bien souvent de méditer un quart d'heure entier avant de trouver le sommeil.
Ecœuré par cette volonté rétrograde qui compromettait le succès de ses réformes, M. Lécuyer avait relégué Dutilleul dans un réduit à demi obscur, attenant à son bureau. On y accédait par une porte basse et étroite donnant sur le couloir et portant encore en lettres capi­tales l'inscription : Débarras. Dutilleul avait accepté d'un cœur résigné cette humiliation sans précédent, mais chez lui, en lisant dans son journal le récit de quelque sanglant fait divers, il se surprenait à rêver que M. Lécuyer était la victime.

(Marcel Aymé, Le Passe-Muraille)

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Publié dans olim

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Z
Ah oui ! J'ai la même sur papier. Je me souviens d'une journée dans le quartier où chacun avait une statue à visiter : le Chevalier de la Barre pour l'un et Garou-Garou pour l'autre.La plante aussi s'appelle garou garou.
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P
http://www.flickr.com/photos/karine_fr/232737513/
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