Entre digitales et épilobes. Tu gardes en toile sceau des fougères et des prèles,le calque des écorces, étantpaume ouverte du tempsmémoire des ruches de la vieoù bourdonne encore en nos ...
Les Quatre et un poussin.Ton ombre est là, sur ma table,Et je ne saurais te dire commentLe soleil factice des lampes s'en arrangeJe sais que tu es là et que tuNe m'as jamais quitté, jamaisJe t'ai ...
Une turquoise séduisant un casse-noix.Une boîte de corned-beef, enchaînée comme une lorgnette,Vit passer un homard qui lui ressemblait fraternellement.Il se cuirassait d'une carapace dureSur ...
Spasme et fumée pour tout bagage. Le loriot entra dans la capitale de l'aube.L'épée de son chant ferma le lit triste.Tout à jamais prit fin.(René Char, Fureur et Mystère)
Trop de petits drapeaux.Invisibles regards qu'on sait qui nous verront,Fumée où se dérobe une présence abstraite,Les flambeaux ont noirci. Quel mystère s'apprête,Qui met une sueur d'épouvante à ...
Au moins comme ça.Elle est debout sur mes paupièresEt ses cheveux sont dans les miens,Elle a la forme de mes mains,Elle a la couleur de mes yeux,Elle s'engloutit dans mon ombreComme une pierre sur ...
Méfiez-vous des fleurs.Une bête vint le chercher.Il eut moins peur que de rester.Ils eurent la porte à passer.La porte en plus de la nuit.Le garçon ferma les yeux.Les mots ne parlèrent ...
Hi Blossom !Au commencement, le corps est ouvert comme un oui. Quelle douceur ! Mais il s'y oublie. Qui parle ? fait-il en s'écoutant. Il remet de la peau. Il croit qu'en se doublant la résonnance ...
Quelques fils noirs.Et maintenant qui pourraitdéchiffrer ce signe,reconstruire ce qui jamais ensuite ne fut vécu,réanimer, inanimé, l'adieu.(José Angel Valente, Intérieur avec figures)
Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as accueilli.Combien sont-ils à attendre— momies serrées dans leurs plaquettesqu'une main d'eau lente ou fiévreuseles sorte dans le grand vent et ...
Un peu d'eau de bleuet dans un sourire.D’où nous vient cet ŒilQui capte les géographiesEntrelace océans et pierresAmasse ombres et soleilsBrasse creux et crêtesQui nous accorde cette prunelleQui ...
Pour des larmes très douces.Il y avait qu'il fallait détruire et détruire et détruire,Il y avait que le salut n'est qu'à ce prix.Ruiner la face nue qui monte dans le marbre,Marteler toute forme ...
D'amont en aval.Allume la lamperivière verte.Dis-moi quelque chosedu retour des ombres,qui ont disparusans dire adieucomme s'en vontles pensées courbées.Que me chuchoteras-tusous les gerbes des ...
Quelle importance ?Peut-être qu'j'suis fou et mes partiesSont toujours éparpillées – les ai pasramassées quand la Forme passaitLa fenêtre du donneur, Alors je recherche le dérangementPour qu'il me ...
Triste trio.D'une carrière qui n'existe pasj'ai extrait des pierres qui existentet j'en ai fait un petit murpour mettre dessus rien qu'une parole,une parole que je connaismais ne peux ...
Cherche métaphorivore à adopter. — C'est quoi un grammasite ? demandai-je en surveillant nerveusement les parages au cas où la drôle de créature réapparaîtrait.— Une forme de vie parasite qui vit ...
L'amour, toujoursJ'agite mes mots dans mes paragraphes comme un pinceau dans un godet. J'ai mis en branle autour de ces images une agitation irradiante, et chacune appelle ses voisines à l'aide ...
Chair chimère sur un squelette trop permissif. Le thème central évident des Mémoires posthumes de Braz Cubas est l'amour : la nature de l'amour, la persistance de l'amour, la disparition et la ...
Pour le brouillage, le métier.Aller méditer dans le désert est chose banale ; la volupté rare, pour l'homme, c'est de s'isoler au milieu d'une mer de gestes et de paroles, de nerfs et de passions, ...
Cet élastique est décidément à toute épreuve.Le temps certains jours me paraît d'une substance si épaisse, immobile et dense, que ni le corps ni la pensée ne parviennent à s'y mouvoir, comme ...
Combien de temps pour la conversion en sable ? Le mot « chaise » est immortel, ou « terre », ou « maison », mais ni mon nom, ni celui de mon amour. Combien de noms déjà ai-je fait mourir en les ...
Mêlées au coassement des grenouillesTu vis à côté de moi, pareille à moi :pierredans la joue effondrée de la nuit.Ô cette pente, mon aimée,où nous roulons sans faire de pauses,nous les pierresde ...
Un bon vieux protocole égaré sous la paperasse. Ajourne toute chose. On ne doit jamais faire aujourd'hui ce qu'on peut aussi bien négliger de faire demain. Il n'est même pas besoin de ...
À l'usage des veuves de toile.En vérité, celui qui ne connaît pas la colère ne sait rien. Il ne connaît pas l'immédiat.Puis la colère rencontre la patience lovée sur elle-même. Sitôt touchée, ...
Je t'écrirais peut-être.Écrire, c'est dire quelque chose à quelqu'un qui n'est pas là. Qui ne sera jamais là. Ou, s'il s'y trouve, c'est nous qui serons partis.(Georges Perros, Papiers collés 2)
CauchemarLève-toi doucement, je te suivrai sans rien dire. Quelque chose d'immense par delà les murs nous appelle, quelque chose pour nous seuls commence où nous entrerons comme dans la mer. Côte ...
Trop de regards qui glissent, de mains qui frémissent.visage qui prend placedans la longue suiteun plus précis plus près crispésur sa fin tellement rentrédans son combatque plus rienmême les ...
Abandon de contrepoids.Je me lève.Je dois chercher, continuer.Je m'accroche aux nuages.C'est parfois comme si j'avaisperdu la paroleune parole qui me met hors de moije retourne dans mes pasmais il ...
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