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Jeudi 9 août 2007
Où est le pêcheur ?
 
 
Aujourd'hui combien d'heures tombent, tombent
dans le puits, dans la nasse, dans le temps :
elles sont lentes mais ne prennent de repos,
elles tombent, se rassemblant
au début comme des poissons,
puis comme des pierres lancées ou des bouteilles.
En bas, les heures
avec les jours s'entendent,
avec les mois,
avec les souvenirs fumeux,
avec des nuits désertes,
des femmes, des habits, des trains et des provinces,
le temps
s'accumule, et chaque heure
se dissout en silence,
s'effrite et choit
dans l'acide aux vestiges,
dans les eaux noires
dans la nuit sens dessus dessous.
 
(Pablo Neruda, La rose détachée)
Par Zolurne - Publié dans : hodie
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Mercredi 8 août 2007
Barbelés de printemps


Feuilles vives sous l’éclat des feuilles
Vous serrées
Vous cernées de lentes migrations
La faux rapide vous fend
Étrave
Vous éloigne des lieux de ponte
Et de connaissance
Silence soudain qui éclaire la plus haute
Parmi vous

Fougère
Ma veilleuse frugale
Ton repas est boisé d’antennes.

(Thierry Metz, Dolmen suivi de La Demeure phréatique)
Par Zolurne - Publié dans : hodie
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Mardi 7 août 2007
Toujours sine nomine


Le passé n'a pas d'atomes, avait dit Arno, et tout monument est une falsification, et chaque nom gravé sur un de ces monuments entretient non pas la mémoire de quelqu'un, mais celle de son absence. Le message est toujours le même : on peut se passer de nous, et c'est là le paradoxe des monuments parce qu'ils affirment le contraire. Les noms font barrage à la vérité du réel. Il vaudrait mieux que nous n'en ayons pas.

(Cees Nooteboom, Le Jour des morts)
Par Zolurne - Publié dans : hodie
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Lundi 6 août 2007
à chapeau


J'aime le carillon dans tes cités antiques,
Ô vieux pays gardien de tes moeurs domestiques,
Noble Flandre, où le Nord se réchauffe engourdi
Au soleil de Castille et s'accouple au Midi !
Le carillon, c'est l'heure inattendue et folle,
Que l'oeil croit voir, vêtue en danseuse espagnole,
Apparaître soudain par le trou vif et clair
Que ferait en s'ouvrant une porte de l'air.
Elle vient, secouant sur les toits léthargiques
Son tablier d'argent plein de notes magiques,
Réveillant sans pitié les dormeurs ennuyeux,
Sautant à petits pas comme un oiseau joyeux,
Vibrant, ainsi qu'un dard qui tremble dans la cible ;
Par un frêle escalier de cristal invisible,
Effarée et dansante, elle descend des cieux ;
Et l'esprit, ce veilleur fait d'oreilles et d'yeux,
Tandis qu'elle va, vient, monte et descend encore,
Entend de marche en marche errer son pied sonore !

(Victor Hugo, Les Rayons et les Ombres)
Par Zolurne - Publié dans : hodie
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Dimanche 5 août 2007
Avec une béquille, ou un vieux soulier de cuir


La Rivière de Cassis roule ignorée
         En des vaux étranges :
La voix de cent corbeaux l’accompagne, vraie
         Et bonne voix d’anges :
Avec les grands mouvements des sapinaies
         Quand plusieurs vents plongent.

Tout roule avec des mystères révoltants
         De campagnes d’anciens temps ;
De donjons visités, de parcs importants :
         C’est en ces bords qu’on entend
Les passions mortes des chevaliers errants :
         Mais que salubre est le vent !

Que le piéton regarde à ces claires-voies :
         Il ira plus courageux.
Soldats des forêts que le Seigneur envoie,
         Chers corbeaux délicieux !
Faites fuir d’ici le paysan matois
         Qui trinque d’un moignon vieux.

(Arthur Rimbaud, Derniers vers)
Par Zolurne - Publié dans : hodie
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Samedi 4 août 2007
Écrire, c'est se faire l'écho de ce qui ne peut cesser de parler, — et, à cause de cela, pour en devenir l'écho, je dois d'une certaine manière lui imposer silence.

(Maurice Blanchot, L'Espace littéraire)
Par Zolurne - Publié dans : hodie
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Vendredi 3 août 2007
Même chemin, sens différents.


PJBxl.jpg

Bruxelles : une fois de plus, je suis resté saisi devant l'ampleur d'assise exceptionnelle, la masse orageuse du palais de justice, qui semble établi sur la cité entière comme une pesante nuée architecturale. Depuis le jour où je l'ai découvert, presque enfant, dans une illustration de mon manuel d'histoire Malet et Isaac — sans beauté vraie peut-être, inutilement compliqué dans le détail, mais pourvu de je ne sais quelle pesanteur babylonienne dans la manière qu'il a de s'épauler si souverainement sur sa colline —, je n'ai jamais pu oublier sa silhouette. Nul n'en fait cas : faute de Capitole, les gens du bel air ne sont pas loin de vous souffler que le chef-lieu welche s'est offert là son monument de Victor-Emmanuel. Or dans la combinaison exceptionnelle de l'étagement de la masse et du site, c'est de toutes les bâtisses modernes, le plus imposante que je connaisse en Europe. Je m'imagine parfois qu'un Hitler aurait pu consacrer un pareil orgasme de la pierre de taille à quelque Millénium du Troisième Reich : la petite Belgique a dédié ce sombre orage de pierre à la Justice ; rien de plus déroutant, rien de plus émouvant.
 

(Julien Gracq, Carnets du grand chemin)
Par Zolurne - Publié dans : hodie
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Jeudi 2 août 2007
Une enfant dans la première, une reine dans la dernière.


Cette porte ouverte, il vit enfin clair et fut frappé du désordre qui s'offrit à ses yeux. Il semblait qu'on eût provisoirement entassé ici tout le mobilier tandis qu'on lavait les planchers. Sur une table trônait une chaise cassée, flanquée d'une pendule au balancier arrêté, où l'araignée avait tissé sa toile. Tout près, le flanc appuyé au mur, un buffet contenait des carafons, de l'argenterie ancienne, des porcelaines de Chine. Sur un bureau, dont la mosaïque en nacre s'écaillait par places en découvrant des cases jaunes remplies de colle, s'entassaient une foule d'objets disparates : un monceau de paperasses couvertes d'une fine écriture sous un presse-papiers en marbre verdi surmonté d'un petit oeuf ; un vieux bouquin à tranches rouges relié en veau ; un citron racorni réduit aux proportions d'une noisette ; un bras de fauteuil ; un verre à patte recouvert d'une lettre, contenant un liquide où nageaient trois mouches ; un morceau de cire ; un bout de chiffon ; deux plumes tachées d'encre, desséchées comme un phtisique ; un cure-dent tout jauni, dont le maître du logis se servait peut-être avant l'invasion des Français.

(Nicolas Gogol, Les Âmes mortes)
Par Zolurne - Publié dans : olim
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Mercredi 1 août 2007
Les vingt champs
 
 
Immobiles d'azur, les monts dans le lointain.
D'eux jusqu'à moi la campagne variée,
Verte, jaune, bigarrée, sous la brise
..........Ondoie en vagues indistinctes.
Fragile tel la tige d'un coquelicot,
Le moment me soutient. Je ne veux rien.
Combien pèse le scrupule de la pensée
..........Sur la balance de la vie ?
Comme les champs, et divers, et comme eux,
À moi-même extérieur, je me livre, fils
Ignoré du Chaos et de la Nuit,
..........Au temps des vacances, ma vie.
 
(Fernando Pessoa, Poèmes païens [de Ricardo Reis])
Par Zolurne - Publié dans : hodie
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Mardi 31 juillet 2007
Ils me transpercent encore —
les yeux que le serpent
a laissés dans l'herbe !
 
(Takahama Kyoshi)
Par Zolurne - Publié dans : hodie
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Lundi 30 juillet 2007

Retour au pays natal 

little-blue-horse.jpg



Toute lecture digne de ce nom se doit d'être absorbante et voluptueuse. Nous devons dévorer le livre que nous lisons, être captivé par lui, arraché à nous-mêmes, et puis sortir de là l'esprit en feu, incapable de dormir ou de rassembler ses idées, emporté par un tourbillon d'images animées, comme brassées par un kaléidoscope. Les mots, si le livre nous parle, doivent continuer de résonner à nos oreilles comme le tumulte des vagues sur les récifs et l'histoire — s'il s'agit d'une histoire — repasser sous nos yeux en milliers d'images colorées. C'est pour ce plaisir-là que, dans la période éclatante et troublée de l'enfance, nous lisons avec tant d'attention, et adorons si tendrement nos livres. Le style et les idées, les personnages et les dialogues n'étaient que des obstacles à écarter, tandis que nous creusions joyeusement notre récit, en quête d'un certain type d'événements, un peu comme des cochons cherchent des truffes.

(Robert Louis Stevenson, À bâtons rompus sur le roman)
Par Zolurne - Publié dans : hodie
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Dimanche 29 juillet 2007
SOI



philosophe.jpg


L'S représente cet escalier tortueux comme celui que l'on voit dans ce tableau de Rembrandt au Louvre, qu'on appelle le Philosophe, et par lequel on descend dans la conscience. Et qu'y trouvez-vous, je vous prie ? Un O et un I, c'est-à-dire un flambeau et un miroir.

(Paul Claudel, cité par Gérard Genette dans Mimologiques)
Par Zolurne - Publié dans : hodie
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Samedi 28 juillet 2007
Ainsi que tout le monde peut le constater.


Quelque précaution que nous prenions, nous ne savons pas ce que nous faisons. Nous ne saurons jamais pourquoi nous avons vécu. Durant toute notre vie, nous ignorons pourquoi nous avons été des individus vivants durant cette brève durée. Lecteurs, nous ne savons même pas pourquoi nous obéissons à cette nécessité de tellement lire et nous ignorons ce qu'elle signifie. Nous ignorons tout des signes que nous adressons à des êtres que nous ne connaissons pas.
Nul n'entend sa voix, qui est un visage. Nul n'entend son accent, qui est un lieu. Nul n'entend l'inflexion de sa voix, qui tend la carte de visite presque japonaise du signe d'appartenance sociale qu'il appelle de ses voeux. Nul n'entend et tous obéissent à ce son, à cet accent, à cette inflexion qui les guident. Nos plaintes démasquent en nous une triste jouissance. Nos protections nous accusent, nos phobies racontent notre vie de façon plus indécente et plus directe que nos rêves eux-mêmes. Nos habits dressent par le menu la liste de nos héros. Nos vices confessent moins le régime de nos plaisirs que l'ombre de nos épouvantes. Notre corps n'est que l'esclave asservi à tous ceux auxquels il s'est identifié, c'est-à-dire aux tyrans familiaux, morts depuis longtemps, qui tyrannisent d'autant plus vivement ce corps qu'ils ont généré qu'ils sont ensevelis, dans le désir où nous sommes de les rapatrier en nous comme en des tombes. Notre apparence tend ses chaînes à la domination errante. Notre regard dit tout et les lunettes noires encore davantage. La maxime de Descartes, larvatus prodeo, est une injonction qui est plus impossible encore que la sincérité elle-même qui nous est impossible à force d'ignorance sur nous-mêmes : avancer un masque, en latin une persona, exhibe dans son élection encore plus de soi que la complexité immedita. Nul ne sait ce qu'il montre quand il cache.

(Pascal Quignard, Rhétorique spéculative)
Par Zolurne - Publié dans : hodie
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Vendredi 27 juillet 2007
Toujours cette histoire de cheminée


.....Soumets-toi tout entier à ton meilleur moment, à ton plus grand souvenir.
.....C'est lui qu'il faut reconnaître comme roi du temps,
.....Le plus grand souvenir,
.....L'état où doit te reconduire toute discipline. Lui qui te donne de te mépriser, ainsi que de te préférer, justement.
.....Tout par rapport à Lui, qui installe dans ton développement une mesure, des degrés.
.....Et s'il est dû à quelque autre que toi — nie-le et sache-le.
.....Centre de ressort, de mépris, de pureté.
.....Je m'immole intérieurement à ce que je voudrais être !

(Paul Valéry, Monsieur Teste)
Par Zolurne - Publié dans : hodie
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Jeudi 26 juillet 2007
Ce que quelques jeunes gens trouvèrent au fond d'un étang.


D'ordinaire, Colvin entretient en moi, par contagion, de telles craintes à votre sujet que je suis rassuré de vous savoir incommodé par rien de pire que la privation de tabac et d'alcool. « Rien de pire ? » vous entends-je reprendre en écho, en vous demandant à quelle torture d'une suavagerie plus raffinée je puis vous imaginer soumis. Vous préféreriez peut-être — on ne saurait vous en blâmer — périr par l'épée, plutôt que de privations. Mais vous ne périrez pas, mon cher Louis, je suis là pour l'affirmer. J'aurais dû périr, moi, voilà longtemps déjà, si c'était mortel. Aucun alcool, ou presque, ne passe le seuil de mes lèvres atrophiées, capables pourtant d'un hypocrite soupir de résignation. Je suis vraiment désolé pour vous car je me souviens, aux temps lointains et fabuleux, du plateau sous la lampe conviviale de Skerryvore, tandis que la soirée s'écoulait. À Vailima, les soirées s'écoulent également mais le plateau a disparu, je suppose. Puisse cette rude épreuve être allégée et même, comme vous autres missionnaires le dites, vous être une bénédiction. Cela blesse, je le répète, mais ne tue pas : c'est d'autant plus dommage.

(Lettre de Henry James à Robert Louis Stevenson)
Par Zolurne - Publié dans : hodie
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Mercredi 25 juillet 2007
Sas de crispation


Et les mots viennent par bouffées
forment une espèce de nuage
d'où nous tombons
puisque maintenant
nous tombons, pire qu'un rêve
comme les amants du chant V à
pic & et de très haut
quand bien même le nuage raserait le sol
& le coeur dans sa petite cage incroyablement solide
(entre ses parois de vide et d'atomes infini)
s'affole

(Bernard Chambaz, Entre-Temps)
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Mardi 24 juillet 2007
Ombre et fantôme.


Se marier, fonder une famille, accepter tous les enfants qui naissent, les faire vivre dans ce monde incertain et même, si possible, les guider un peu, c'est là, j'en suis persuadé, l'extrême degré de ce qu'un homme peut atteindre.

(Franz Kafka, Lettre au père)
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Lundi 23 juillet 2007
Des soupes au soleil.


Hippolyte ! Hippolyte ! J'ai mal !
Je me consume... Dans la brûlure des joues...
Quel effroi cruel contient
ce nom : Hippolyte !

Telle une longue vague
contre la berge de granit.
Enflammée par Hippolyte !
Délirante au nom d'Hippolyte !

Des épaules, les bras vont jusqu'à terre !
dans la sciure, brisure de dents !...
Pleurer ensemble, se coucher ensemble !
Mon esprit ardent s'embrase...

Comme dans les narines et sur les lèvres, la poussière
d'Herculanum... Je me fane... Je m'aveugle...
Hippolyte : pire que la scie !
Plus sec que sable et cendres !

Un taon dans les pleurs ouverts
d'une plaie frémissante... Un taon furieux...
Une plaie rouge qui enflamme
une jument au galop !

Hippolyte ! Hippolyte ! Cache-moi !
Sous cette chlamyde, comme dans une crypte,
il est un paradis pour les rosses :
l'abattoir ! Le taon me brûle !

Hippolyte ! Hippolyte ! Enchaîne-moi !
Dans la poitrine, le bec des Harpies
est la source de ma chaleur,
et non les pétales d'Hippolyte !

Hippolyte ! Hippolyte ! À boire !
Fils et beau-fils ? Complice !
Lave, au lieu d'une dalle
sous le pied ! L'Olympe murmure ?

Ceux de l'Olympe ?! Leur regard somnole !
C'est nous qui sculptons les dieux !
Hippolyte ! Hippolyte ! Dans un manteau,
sous cette chlamyde, comme dans une crypte !

Hippolyte, étanche...

(Marina Tsvétaïéva, Après la Russie)
Par Zolurne - Publié dans : hodie
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Dimanche 22 juillet 2007

Pâle et fade, à mâchouiller en cas de pénurie seulement.


Il entra au Service des réexpéditions. On y traitait les lettres qui n'étaient pas arrivées à destination. Il ouvrait le courrier et y cherchait des indices qui permettaient de le renvoyer à son expéditeur, frappé du tampon avertissant que sa correspondance avait été ouverte par autorisation spéciale. L'essentiel de cette correspondance à réexpédier ou à stocker avant destruction était constitué d'échanges administratifs. Mais il y avait aussi des lettres qui étaient comme de petites étoiles, lettres adressées à une soeur, confidences faites à l'ami. Elles n'étaient pas parvenues entre les mains de ceux qui en auraient retiré un moment de bonheur, et elles allaient être détruites. En les lisant, il pensa aussi à tous ces messages non envoyés qui auraient adouci, peut-être bouleversé la vie de quelques-uns — lettres oubliées dans un livre parce que le démon de l'à quoi bon ? l'avait emporté sur la tentation d'aimer, messages commencés avec l'intention de répondre avec flamme à une déclaration timide et devenus au bout du compte un billet poli et froid, presque une fin de non-recevoir. Tous ces signaux perdus dans l'espace étaient comme des scintillements dans la nuit.

(Linda Lê, Personne)

Par Zolurne - Publié dans : hodie
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Samedi 21 juillet 2007
Allons enfants de la marmite
La soupe aux choux est bien salée
On aura des pommes de terre frites
Et des haricots fricassés...
Par Zolurne - Publié dans : zolurne
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